Et me voila de retour a la station Greyhound de Flagstaff. Étrange de visualiser tout ce qu'il s'est passe depuis que l'ai quittée il y a trois jours de cela. Chaque passages dans une ville me donnent l'impression de durer des semaines. Ces jours furent fous, le summum du vagabondage. Garet nous a amener a un party-house et je m'y suis vite retrouver seule au milieu d'inconnus, me sentant bien crevée et bien conne. J'ai suivit des gens rentrant chez eux et ai squatter leur canap'. Non mais franchement. C'est même plus du couchsurfing a ce stade. Certains on fumer de la Salvia qui est apparemment le plus puissant hallucinatoire. Je veux bien le croire. Leurs réactions...! fou.
Puis j'ai marcher jusqu'à l'auberge au petit matin, récupérer mon sac et ma guitare. On est aller prendre un café et il m'ont déposés a la station. Salut les gars, c'était cool, adieu, adieu, buddy of the earth.
malgré mes cheveux sales et mon mal de crane, j'ai ris tout a l'heure. De me trouver la. Juste la. C'est dingue. Il y a pas a dire, chaque instants sont un bonheur, d'excitation, d'attentes, du plaisir de faire ce que bon me semble au jour le jour.
Il y avait hier dans la vallée des résonances d'éternité. De cet air sec qui vous étouffe, de cette terre rouge qui semble palir le monde, de cette poussière qui vous colle a la peau et laisse sur votre corps le souvenir crado de vos escapades.
Mais au sommet de la roche, le temps se suspend, le silence entre en scène. Seule votre souffle haletant resonne un peu entre deux montagnes. Car c'est la, tout autour, des paysages en forme d'hologrammes, d'une grandeur et d'une puissance aride insoupçonnables.
Mais vous etes pourtant la, petit reste de civilisation face a l'immobilité éternelle des forces de la nature. Hahaha.
Assis toi et respire. Respire. L'air suspendu et le pays des cactus.
Peu importe ce qu'une ville réserve après tout. Rien ne vaut ces instants de transition, rien ne vaut la chaleur du Nevada que l'on ressent même en bus, les cris des enfants, les conversations banales et les arrêts McDo. C'est la qu'on trouve le vrai voyageur, entre les slovaques en tourisme, la jeune black et son môme, le texan -ses cheveux long et sa casquette- et la petite grosse du Nebraska. Entre la vieille dingue et le brave trentenaire. Je me plais a croire qu'il y a moi, mon t-shirt tache, mon jean en ruine, ma chemise de trappeur, son sac en soute et ma guitare sur la route. Rien d'autre que de l'attente, de la fatigue, des expectations et du plaisir toujours a glisser quelques mots de plus mais sans plus de raison que ça.
Et les panneaux indicatifs sont les vrais anges de la désolation. La chaleur bourdonne dans ma tête mais n'est ce pas vivre, vivre, vivre, aah...