« Retour au blog de scrambled

Darling, I'm feeling pretty lomesome. In the middle of the night, I call your name.

Darling, I'm feeling pretty lomesome. In the middle of the night, I call your name.

Tout est calme la nuit à la campagne. Quand on fait attention on n'entend presque rien. Alors je m'assoie sur les marches du perron et j'allume une cigarette, seule, je sais que si je regarde bien l'extrémité incandescente entre mes doigts je verrais le cercle Lucky Strike disparaitre peu à peu et ça me laisse le temps de former des phrases pour moi-même. Demain j'observerais ma mère mettre des pots en terre et mon père crée des machettes d'aventurier dans sa forge. Je me lèverais tôt pour regarder la brume et j'irais faire du vélo là ou aucune voitures de passent. Ouais, je me laisse quelques jours de vide où je n'aurais pas à vivre entre 13 et 5 heure du matin, là où il n'y a pas de tramway et de spaghetti à faire cuire sur des plaques électriques. Je sais qu'ici je n'aurais pas besoin de me rouler un joint pour remarquer à quelle point ma main est étrange sous les réverbères, sous la lune, c'est la même chose. Je lirais un livre de Stephen Hawking parce que j'en aurais envie et non parce qu'il le faut. Je mettrais n'importe quoi et je me maquillerais les yeux ici, pas parce qu'il le faut mais parce que j'en ai envie, là, maintenant. Il n'est pas vraiment tard mais je me dis que parfois la vie c'est un peu comme dans skins, et que le maquillage c'est fait pour couler et être étalé un peu partout les lendemains matins. Je m'imagine des photographies entre mon pouce et mon index pour que mes enfants les voient un jour, c'est bête, mais eux aussi s'assiéront sur le perron peut-être avec une cigarette et ils essayerons de comprendre, alors, je me dis que c'est peut-être aussi bien comme ça.

Au final, le temps n'est pas perdu. Il ne fait que passer, et si ça se trouve, un jour j'admettrai que tout n'est pas fini passé la trentaine.

Si l'on prévoit des tas de choses, tu sais, ça m'est égale. S'il faut que l'on espère, alors, espérons. Parce que l'on est toujours seul et qu'il n'y a que toi pour être sûr quelque part de ce qui arrivera vraiment, après. Tu ne pense pas, être seul dans le fond ?
Personne n'est capable de comprendre quoi que ce soit finalement. Si ce n'est cette solitude qui nous est propre.

Je vais enlever mes chaussure et m'allonger par terre juste un peu, conter jusqu'à dix en arrêtant de respirer pour voir ce que ça fait, les yeux fermés, les yeux ouverts, et puis je recommencerais.

# Posté le lundi 30 mars 2009 17:58

« Article précédent : Oh... You Don't have To Go Oh... Baby I Love...

Article suivant : Why does Charles look so himself on this picture ? »